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Un enfant heureux, réussit mieux!

Littératie émotionnelle

ENCOURAGER LA LITTÉRATIE ÉMOTIONNELLE CHEZ LES JEUNES ENFANTS 17 Fairmeadow Avenue, Suite 211, Toronto, ON M2P 1W6 — Tel. 416.395.5027 | Fax. 416.395.5190 | www.cmascanada.ca Funded by: Citizenship and Immigration Canada / Financé par: Citoyenneté et Immigration Canada Supporting Child Care in the Settlement Community / Soutien de la garde des enfants dans la Communauté de règlement Qu’est-ce que la littératie émotionnelle? La littératie émotionnelle est la capacité que l’on a d’identifier et de comprendre nos propres émotions et celles des autres, et d’y répondre. Une étape importante du développement des jeunes enfants consiste à comprendre les émotions et les effets de leurs actions sur les autres, et à savoir exprimer leurs émotions. Il est particulièrement important que les enfants nouveaux arrivants aient des mots ou des images pour communiquer ce qu’ils ressentent pendant qu’ils s’adaptent à leur nouveau milieu. Lorsqu’ils comprennent les émotions, ils ont plus de contrôle sur leur comportement et font moins de crises. Les études indiquent également que la littératie émotionnelle contribue à améliorer le rendement scolaire des enfants à l’école primaire.

Source: https://cmascanada.ca/wp-content/uploads/2012/08/FR_promotingemotionalliteracyinyoungchildren_MAY2012.pdf


Présentation du programme "Social and Emotional Learning" mis en place aux Etats-Unis dans plusieurs écoles afin de développer les compétences sociales et émotionnelles des élèves.

Le concept d’éducation émotionnelle[1]

 

Le concept tel que celui de l'éducation émotionnelle est complexe et ne peut donc pas être décrit dans une brève définition. Il n’est donc pas facile de le conceptualiser. Le but de ce travail est d'offrir des indices pour tenter de le définir. En gardant cela à l'esprit, et avec l'intention d'avoir un point de référence, nous osons résumer l'éducation émotionnelle comme suit:

 

«L'éducation émotionnelle est un processus qui vise à promouvoir le développement affectif comme un complément indispensable du développement cognitif et comme un des éléments essentiels du développement global de la personnalité.  Cela nécessite le développement des connaissances et des compétences sur les émotions afin de permettre à l'individu de mieux répondre aux défis de la vie quotidienne. Tout cela dans le but d'augmenter son bien-être personnel et social.»

 

L’éducation affective est un processus éducatif continu et permanent qui doit être présent tout au long du programme d'étude scolaire et durant toute la vie. L’éducation affective a une approche selon les cycles de vie. Tout au long de la vie, il peut se produire des conflits affectant autant l'état émotionnel que la psychologie de l’individu ce qui peut nécessiter une attention particulière.

 

L’éducation affective est une forme de prévention primaire, non spécifique, qui a pour but de  tenter de minimiser la vulnérabilité des dysfonctionnements ou de prévenir leur apparition. Quand il n'y a pas de dysfonctionnement, la prévention primaire tend à converger avec l'éducation afin de maximiser les tendances constructives et à minimiser les tendances destructrices.

 

Les enfants et les jeunes ont besoin de l’éducation émotionnelle dans leur développement vers l'âge adulte afin de leur fournir des ressources et des stratégies pour faire face aux expériences inévitables que la vie apporte. En définitive, l’éducation émotionnelle vise à permettre d’adopter des comportements qui prennent en compte les principes de prévention et de développement humain.

 

Le terme prévention est pris ici dans le sens de prévenir des problèmes en raison de troubles émotionnels. Nous savons tous que des pensées autodestructrices et inappropriées en raison d'un manque de contrôle émotionnel peut conduire dans certains cas à l'usage de drogues, à des conduites imprudentes, à l’anorexie, à des comportements sexuels à risque, à la violence, la détresse, l'anxiété, le stress, la dépression, le suicide, etc. L’éducation affective contribue à la prévention de ces effets.

 

D’autre part, le développement humain proposé ; à savoir le développement personnel et social ; ou en d’autres termes : le développement complet de la personnalité de l'individu, inclut le développement de l'intelligence émotionnelle et son application dans les diverses situations de la vie quotidienne. Par extension cela signifie la promotion d'attitudes positives envers la vie, les compétences sociales, l'empathie, etc., en tant que facteurs de développement du bien-être personnel et social.

 

L’éducation émotionnelle  vise à développer les compétences émotionnelles, de la même façon que vous pouvez rapporter l'intelligence académique avec le rendement scolaire. L’intelligence est une compétence; La performance est ce que vous obtenez; La concurrence indique quel niveau de performance est conforme à un certain rythme. De même on peut considérer que l'intelligence émotionnelle est une capacité (y compris l'aptitude et la capacité); la performance émotionnelle représente l’apprentissage. La compétence émotionnelle est acquise lorsque vous avez atteint un certain niveau de performance émotionnelle (Mayer et Salovey, 1997; Saarni, 1988).

 

La compétence émotionnelle est basée sur les expériences de la vie que vous avez eu, parmi lesquels les relations familiales, les pairs, l'école, etc. L'hypothèse que nous proposons est que nous avons la capacité d'améliorer la compétence émotionnelle systématiquement par des processus éducatifs. Ce document tente de fournir plus d'éléments pour mieux comprendre le concept de l'éducation émotionnelle, ses buts et objectifs, ses fondements, sa justification et la nécessité, le contenu, etc.

 

L’éducation émotionnelle propose de transmettre des connaissances et des compétences sur les émotions dans le cadre de l'éducation scolaire en incluant la dimension affective dans le processus éducatif.


[1] Traduction libre de l’article de Rafael Bisquerra Alzina, professeur de counseling à l'Université de Barcelone (UB) et Directeur des maîtres et des cours de troisième cycle à l'université. (http://www.rafaelbisquerra.com/es/educacion-emocional/concepto-educacion-emocional.html)

 

Rafael Bisquerra Alzina, est professeur de counseling à l'Université de Barcelone (UB) et Directeur des maîtres et des cours de troisième cycle à l'université: Graduate éducation affective et de la protection (PEEB), de troisième cycle en intelligence émotionnelle dans les organisations (PIE), Graduate Coaching en milieu de travail (CEL), master en intelligence émotionnelle et Coaching en milieu de travail (MICEL), maîtrise en éducation émotionnelle et tutorat (MEET). Il est également le fondateur et premier directeur de GROP (Groupe de recherche Orientació PSICOPEDAGOGICA), et fondateur (avec d'autres) de la FEM (Fondation émotionnelle Education). Il a également créé Days Emotional Education (JEE) UB. Depuis le milieu des années 2000 il a mis l'accent sur l'enquête de l'éducation émotionnelle et certaines de ses publications sont : la psychologie des émotions (Synthesis, 2009), l'éducation affective et le bien-être (Praxis, 2000), l'éducation à la citoyenneté et à la coexistence. L'objectif de l'éducation affective (Wolters Kluwer, 2008) l'éducation émotionnelle dans la pratique (Horsori, 2010), l'éducation émotionnelle. Propositions pour les éducateurs et les familles (Desclée Brower, 2011), Modèles d'orientation et de psychologie de l'intervention (Praxis, 1998), Handbook of coaching et le mentorat (Praxis, 1996-2002) Origines et développement du Conseil (Narcea, 1996), les méthodes de recherche en éducation (CEAC, 1989).


PLAIDOYER POUR UNE ÉDUCATION BASÉE SUR L'INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE

24 juillet 2017

Christophe Haag, Professeur - Chercheur en psychologie sociale, EM Lyon
Christophe Haag, Professeur - Chercheur en psychologie sociale, EM Lyon

Un enfant anxieux et constamment embourbé dans ses propres peurs, peut complètement passer à côté de sa scolarité, échouant aux examens et, plus tard, dans sa vie professionnelle et personnelle. Mais heureusement pour lui, nous avons découvert un antidote à ce mal qui ronge petit à petit sa tête et son corps.

 

L’intelligence émotionnelle, une capacité mentale abrégé en QE (la première pour quotient, la deuxième pour émotionnel), permet de réguler efficacement nos émotions pour mieux appréhender certaines situations stressantes, voire paralysantes.

 

De nombreux résultats de recherche académiques montrent en effet qu’il est primordial, pour l’équilibre émotionnel des enfants et leur rapport a leurs peurs, de développer leur QE chez eux à la maison (principalement à travers la relation que leurs parents entretiennent avec eux), mais aussi à l’école, l’endroit où ils passent la plus grande partie de leur temps et où ils expérimentent l’essence même des relations sociales et des émotions qui vont avec.

 

À mon sens, c’est là où la malléabilité cérébrale de l’enfant est à son apogée (de la maternelle au lycée), que nous devons agir et réfléchir à la mise ne place de programmes de développement des compétences émotionnelles.

 

Chez 22 000 lycées américains, 75 % ont des ressentis négatifs.

Ces programmes doivent permettre à l’individu en construction de lutter efficacement contre ses peurs et ses angoisses infondées. C’est sur ce socle psychiquement solide que prendra appui l’enfant pour se dresser, grandir et se transformer en adulte « bien dans ses pompes ».

 

Comme souvent, les États-Unis montrent la voie. Ainsi y a-t-il eu l’ appel » du 24 octobre 2015 dans le Connecticut. Un événement réunissant jeunes élèves, parents, professeurs, éducateurs, chefs d’établissements publics et privés, et chercheurs sur le QE s’est tenu ce jour-là dans un auditorium de la prestigieuse université de Yale.

 

Ce sommet avait pour nom « Emotion Revolution » et avait pour objectif de réveiller les consciences sur le rôle primordial que jouent les émotions dans l’éducation de nos enfants.

 

Étude américaine

Une étude menée sur 22 000 lycéens américains fut notamment présentée. Interrogés sur la manière dont ils se sentent à l’école, 75 % d’entre eux répondent qu’ils ont des ressentis négatifs. Les trois premiers mots qui leur viennent en tête sont : fatigue (39 %), stress (29 %) et ennui (26 %).

 

Ceux qui ont affaire à des enseignants peu émotionnels, peu aidants et plutôt cassants ressentent de la peur, du désespoir et de la solitude, ce qui peut impacter négativement leur parcours scolaire, leur santé et, à terme, leur entrée dans la vie active.

 

Quand on leur demande comment ils voudraient idéalement se sentir au lycée, sortent de leurs bouches les mots : joie, excitation et l’idée d’être « réénergisés » par leurs professeurs, comme des batteries à plat qu’on rebranche au secteur.

 

Ceux qui se trouvent face à des profs engagés, émotionnellement positifs, délivrant des cours jugés utiles et pertinents, expérimentent en effet beaucoup plus d’émotions positives que la moyenne (intérêt, respect, joie) ; ce qui améliore grandement leur apprentissage et les maintient dans une bonne condition mentale et physique.


Des élèves qui vivent mieux… heureux, tout simplement.  OakleyOriginals/Flickr, CC BY
Des élèves qui vivent mieux… heureux, tout simplement. OakleyOriginals/Flickr, CC BY

Pour une refonte éducative

 

Au moment de baisser le rideau, les organisateurs de cette journée ont donc appelé les chefs d’établissement à une refonte éducative, en les invitant à mettre en place des programmes pédagogiques innovants pour mener à bien cette « révolution émotion » dans la tête et le corps des enfants et adolescents.

 

Le programme d’apprentissage SEL (Social and Emotional Learning) a été cité à de nombreuses reprises. Il vise à éduquer émotionnellement les enfants de la pré-maternelle au lycée et est en plein développement dans les écoles américaines. Plus de la moitié d’entre elles l’ont déjà adopté.

 

L’apprentissage de l’intelligence émotionnelle bénéficierait à tous, élèves comme professeurs

Il serait souhaitable que ce type de programme puisse pénétrer les murs opaques et rationnels de la sacro-sainte Éducation nationale française, qui concentre surtout son enseignement sur le développement intellectuel de l’enfant (connaissances). Le développement physique et artistique n’étant que peu développé, et le développement social et émotionnel encore moins.

 

Pourtant, mettre en place un apprentissage autour du QE ferait le plus grand bien à tous, enseignants comme élèves. En maternelle, il est certes important que votre enfant connaisse quelques lettres et chiffres, qu’il soit propre et poli, qu’il sache s’habiller seul, mais aussi qu’il maîtrise des habiletés sociales et émotionnelles.

 

Apparu à la fin des années 1990, le SEL plonge les jeunes dans un environnement d’apprentissage qui favorise l’interaction sociale. L’objectif étant de les encourager à créer et à tisser des liens avec autrui, à être collaboratifs, à exprimer leurs émotions, à communiquer efficacement leurs besoins et leurs intentions tout en étant attentifs aux besoins d’autrui, à chercher le consensus, à gérer le conflit et à affronter leurs peurs. Rien de tel pour parfaire sa connaissance de soi et des autres !

 

Des enfants qui vont mieux et ont de meilleurs résultats

 

Pour ce faire, plusieurs méthodes sont mises en place, comme des jeux de rôle, des activités artistiques, des stimulations sensorielles, ou encore des jeux dramatiques. Avec, en filigrane, l’utilisation récurrente d’outils numériques et des nouvelles technologies.

 

Des chercheurs se sont intéressés aux bienfaits concrets de ce programme. Ils ont compilé moins de 213 études scientifiques sur le sujet (75 % d’entre elles ont été publiées au cours des vingt dernières années), impliquant 270 034 enfants (57 % d’enfants en maternelle et primaire, 31 % de collégiens, et 13 % de lycéens).

 

 

Leur conclusion est sans appel : les enfants ayant suivi un programme SEL ont développé significativement leurs compétences émotionnelles. Il apparaît notamment qu’ils sont capables, bien plus que ceux ayant suivi un cursus scolaire standard, de réguler leurs émotions, de savoir attendre leur tour, de gérer leur anxiété, leur stress, et de résoudre les conflits en négociant plus subtilement et habilement.

 

Des élèves qui vivent mieux… heureux, tout simplement. 

Ils sont plus empathiques, détectent plus facilement les émotions chez eux et chez autrui, sont de manière générale plus positifs et plus respectueux. Ils sont aussi moins sujets à la dépression, moins agressifs et violents. Ils commettent moins d’actes de délinquance. Ils ont plus confiance en eux, affirment leur « leadership », prennent plus facilement des décisions « responsables » sans peur de l’échec, développent un goût prononcé pour la justice sociale et, comme dirait Jean-Pierre Bacri, un certain goût des autres.

 

Ils ont en outre de meilleurs résultats scolaires que la moyenne. Les chercheurs ont même pu chiffrer leur progression académique : un enfant ayant suivi un programme SEL augmente de 11 % ses notes en maths et en lecture. Une étude complémentaire menée sur 667 lycéens révèle que ceux au QE élevé obtiennent des meilleurs scores de GPA – qui compte pour accéder aux universités les plus prestigieuses aux États-Unis.

 

Notez que tous ces effets bénéfiques – que l’enfant ait suivi le programme SEL quelques mois seulement ou un an ou plus – durent dans le temps. D’ailleurs, une étude a révélé que des programmes semblables au SEL, mis en place dans 13 classes « tests » pendant six semaines, ont permis d’augmenter significativement le QE des élèves, améliorant de fait leur capacité à gérer leur anxiété et à se montrer adaptables à leur environnement.

 

DevonshireMedia/Flickr, CC BY-NC-ND
DevonshireMedia/Flickr, CC BY-NC-ND

Développer l’émotionnel reviendrait à diminuer les coûts de santé

Pour mettre en place de tels programmes, pas besoin de faire appel à une équipe de choc. Les chercheurs montrent en effet que dans les écoles, l’équipe en place est tout à fait capable, à condition d’être formée en amont.

 

D’ailleurs, lorsque le programme est porté par le personnel existant, celui-ci est encore plus efficace que si l’école avait mandaté des prestataires extérieurs. Les chercheurs ont également démontré qu’il est aussi efficace dans les écoles en ville, en banlieue et en province : pas d’élitisme donc à adopter ce type de pédagogie !

 

Ce type de formation apporte également des bénéfices sur le long terme. Une étude récente menée en Belgique a démontré qu’inclure une formation visant à développer les compétences émotionnelles dans les écoles permet d’augmenter de 10 % le score de QE des élèves et reviendrait à diminuer, à terme, les coûts en soins de santé de 10 % !

 

Rendez-vous compte : éduquer émotionnellement nos enfants pourrait contribuer à réduire le déficit de la Sécurité sociale, largement creusé par les troubles anxieux que rencontrent beaucoup d’entre nous (et leurs effets secondaires, notamment somatiques)!

 

Qu’attendons-nous pour promouvoir cette intelligence si utile au XXIe siècle et qui ne requiert pas la mise en place de dispositifs lourds et coûteux ?

 

Certains passages, parfois modifiés, sont extraits du dernier livre de Christophe Haag : « Contre nos peurs, changeons d’intelligence! » (Albin Michel, 2017). Également disponible, l’audio-MOOC « Le manager émotionnellement intelligent » de Christophe Haag sur le site d’EM Lyon.

 

Tiré du site : http://theconversation.com/profiles/christophe-haag-389793


maturité émotionnelle

LA MATURITÉ ÉMOTIVE 

Le domaine de la maturité affective, tel que défini par les chercheurs d’une enquête sur la maturité scolaire des enfants montréalais porte sur les comportements prosociaux et l’entraide, la crainte et l’anxiété, les comportements agressifs, l’hyperactivité et l’inattention, ainsi que sur l’expression des émotions.

 

Il s’agit d’enfants qui démontrent de façon régulière ou occasionnelle des problèmes de comportement ou des difficultés dans l’expression des émotions. Par exemple, ils peuvent être désobéissants, agressifs, impulsifs, facilement distraits ou manifester souvent de la peur ou de l’anxiété.

 

Dans un autre article publié en ligne par le Journal of Abnormal Child Psychology, et repris par Véronique D'amours sur le site de RIRE on apprend à qui on apprend des techniques pour sentir et contrôler leurs émotions (dont la colère) manifestent de meilleurs comportements en classe et sont beaucoup moins susceptibles d’avoir des avis disciplinaires, d’être renvoyés ou suspendus selon une étude réalisée par des chercheurs du Centre médical de l'Université de Rochester (États-Unis).

 

Cette étude montre qu’avec les directives appropriées d’un adulte formé, les jeunes enfants sont capables d’apprendre beaucoup de choses sur leurs émotions et sur les compétences qui permettent de les gérer efficacement. Ces compétences peuvent avoir des retombées positives et directes sur leur fonctionnement à l’école.